Mis en avant

Nano’18 : le commencement

Avant-propos

Ce qui va suivre est un morceau du début de mon texte écrit lors du NanoWrimo 2018 – ce texte est un récit autobiographique, c’est mon histoire. Sans retouche, il n’a même pas encore été corrigé, il est brut.
Il se peut que le ton pesant, triste, mélancolique puissent te déstabiliser. Je comprendrais que tu ne veuilles pas continuer cette lecture. C’est okay 😉
Maintenant que tu sais, à toi de voir si tu souhaites rester sur cette page ou passer ton chemin. Bonne lecture !


“Je ne sais pas quand est-ce que cela a vraiment commencé.

Baleine, vache, guenon, singe, monstre…

J’ai l’impression que ça a toujours été comme ça, depuis que je suis née.

Quand je suis née, j’étais seule. Ma mère aussi. Beaucoup vous diront que l’environnement de naissance, la mémoire de la naissance, crée des blocages, des croyances limitantes durant la vie de l’enfant, de l’adulte.

Je suis née comme beaucoup d’enfants d’hôpitaux français des années 80. Dans le froid d’une salle d’accouchement, gants en latex et tape sur les fesses. Ma mère a accouché sans ses proches, mon père re-peignait la chambre, mon frère était en cours. Il n’y avait que ma mère et sa solitude. Ses peurs, le froid.

C’est seulement vingt-huit ans plus tard qu’elle a bien voulu raconter ce qui s’est passé, ce mardi 10 Octobre de l’année 1989. Le travail a commencé vers six heures du matin.

Mon frère, douze ans plus tôt, avait lui aussi réveillé mes parents tôt le matin. Mais comme il n’était arrivé que dans la soirée, mon père a juste déposé ma mère à la maternité de l’hôpital Jean Verdier à Bondy et est reparti. Ils ont décidé que ça resterait un mardi normal pour mon frère, du coup il est allé normalement au collège.

Ma mère a été seule, la sage-femme présente n’était pas la sienne, le gynecologue non plus. La nuit avait peut-être été longue, peut-être que d’autres ont tiré sur leur nerfs. On ne saura pas. Mais ce que ma mère savait c’est qu’elle avait mal, qu’elle se sentait seule, qu’elle était mal dans sa tête à ce moment précis de sa vie. Qu’à ce moment-là très justement, elle fondait beaucoup d’espoirs sur l’enfant à naître. Sauver son couple, sauver sa famille, sauver son bonheur.

On ne devrait jamais en demander autant à un être qui n’est pas encore là.

Ma mère a demandé du soutien au personnel soignant. Mais ils n’étaient pas là pour épancher le coeur d’une parturiente. Ils étaient là uniquement pour me faire naître.

Cet orgueil médical, cette impatience à ne pas comprendre la détresse des femmes sur le point d’accoucher. Ce n’était pas juste un accouchement comme tant d’autres ils avaient eu cette nuit et ce matin-là.

Ma mère était seule dans la salle d’accouchement. Et c’est là que je suis née, un 10 octobre 1989 à 15h05, avec pour mission d’être Super Girl au secours de ses parents.

Je suis née seule dans cette maternité, on me donné à ma mère que quelques heures plus tard. J’étais déjà muette, yeux clos. Paisible.

Et nous avons encore dans les cartons, cette vidéo mensongère. De mon père, caméra au poing, me montrant au monde et disant :

“Elle vient de naître, mais pourquoi elle pleure pas ?

C’est drôle quand même qu’elle ait autant de cheveux !”

Je suis née seule il y a déjà quelques heures, je ne dis rien, je suis déjà velue. Et je prend toute la mesure des obstacles à venir.


C’est sûrement à ce moment-là qu’on a commencé à ne pas réussir à me mettre dans une case. J’étais cette enfant un peu trop sensible mais qu’on entendait jamais. Intelligente mais qui n’avait pas le droit à l’erreur. Seule mais qui avait terriblement envie de ne pas l’être. Grosse mais qui n’a jamais eu de troubles alimentaires. Poilue mais qui n’avait pas de raison de l’être avec son genre.

Naître fille a aussi été une mission en soi, dans une famille misogyne. “Pourquoi tu n’es pas coquette alors que je l’étais tellement à ton âge !” “Fais ton lit” Mais mon frère ne le fait même pas “Oui mais lui c’est un garçon !”.

Il fallait que je sois dans la moyenne à l’école, il fallait que je sois jolie, il fallait que je ne parle pas trop fort, que je parle quand on m’en donne l’occasion – plaie des filles dernière née – j’avais le droit d’avoir une chambre impeccable, d’être impeccable, gentille, douce, mignonne.

Quand j’avais six ans on a voulu me faire percer les oreilles. Je mentirai si je disais que je ne voulais pas, je me souviens que j’en étais heureuse. Je savais aussi que ça me ferait mal. Ma mère m’a dit “si tu ne pleures pas, je t’offrirai un jouet”. Déjà montrer ses émotions n’était pas une bonne chose. Je me suis crispée sur ma chaise, j’ai eu mal, mais je ne l’ai absolument pas montré.

Quand j’ai eu 10 ans, je ne sais plus bien pourquoi, j’ai été très contrariée, même blessée. Je suis sortie de table avant la fin du repas pour ne pas montrer que je pleurais. Je suis partie dans ma chambre et j’ai écris une petite lettre à mes parents. Ils étaient tous à table, mes parents et mon frère. J’ai pris mon courage – à deux mains, comme on dit, avec mon petit mot surtout – et je suis allée leur donner en mains propres. Le visage déterminé et rougie par les larmes.

Je ne me souviens pas exactement de pourquoi j’avais été aussi blessée par eux. Je me souviens de cette sensation dans ma gorge, c’est la même depuis ce jour. Ce sentiment d’étranglement, de flots qui ne sort pas, qui reste bloqué là dans mon oesophage et qui me fait mal. Il reste bloqué et je ne pleure pas. J’attend qu’ils lisent.

Je me souviens des rires et de ma déception d’enfant.

Ça a peut-être aussi commencé là. Cette différence.

Être gentille, mignonne, douce, joyeuse. Faire ce qu’on te dit de faire car tu n’es pas chez toi. Je ne serai pas cette héroïne de ma famille, je serai leur fléau…”

Le Jour d’Après

Hey, tu pensais que j’allais arrêter d’écrire n’est-ce pas ?

Ce n’est pas parce que je ne suis plus/pas SOPK que je n’ai plus rien à te dire. Bien au contraire.

Mais je te comprends, tu dois te sentir un peu perdue aujourd’hui, non ? Il lui arrive quoi à Morgane. Elle a changé de logo – et même qu’elle en a fait un qui s’anime tout seul (ça c’est parce que je suis trop contente de prendre du grade sur After Effect – le logiciel qui m’a permis de faire ce que tu vois) – elle a donné les droits du groupe SOPK et depuis Janvier, silence radio.

En fait – pas tout à fait – il s’en passe des choses en back (nldr : en coulisse). Toujours, des choses très chouettes et d’autres sacrément compliquées. Au mois de Janvier je me suis brûlée très fort, je me suis heurtée à moi-même, à mes schémas destructeurs, mes constructions sensés me protéger mais qui se sont éparpillées dans le vent – tout comme le pissenlit qui prend feu (ça y est j’ai placé mon image d’illustration, youpie yeah!).

Janvier c’était le feu. Destruction. Incendie. Fin. Cela a fait mal. Et ça doit te faire drôle que je te parle en métaphore – c’est que j’en ai dit déjà pas mal dans la dernière newsletter (n°7 – “Oh les grosses larmes de crocodiles” — si tu souhaites t’inscrire à la newsletter c’est par ici : https://www.subscribepage.com/lam_fb) – c’est juste que balancer ça là comme ça, je le sens pas. Alors ça sera des métaphores en ce début 2019.

Et ça tu vois, je le remarque grâce à mon agenda de pratique – celui pensé par Lisbeth Nemandi – à force de, page en page, se demander ce qui se passe. J’ai accumulé toute ma créativité muette dans ce corps d’un mètre soixante – quatre-vingt sept kilos – et BOUM tout à dégouliné, dans des formes très improbables, dans ce bouquin. En découpage, coloriage, aquarelle, gouache, collage, stickers, mousse, écriture, effaçage, ratage. Et c’est sorti.

Mon génie créatif – mon lutin, ma muse, mon idée, pour reprendre les propos de Liz Gilbert dans “Comme par Magie” – a hurlé dans ma caboche et est sorti d’un coup.

Du coup, c’est quoi ce jour d’après – c’est tout les autres projets. Toutes ces autres idées qui sont restées bloquées et qui ont explosé partout dans mon bouquin, dans mon Drive Google, dans mon Trello et sur mon bureau. Partout, partout, partout.

Bon, il y en a déjà un dont tu es au courant – voire deux – l’écriture du Guide SOPK. Mais je procrastine grave, j’ai pas encore écrit le sommaire, haha. Mais profite tant que je ne te bassine pas les oreilles toutes les semaines avec ce truc.

Puis après y’a la correction du fameux Nano’2018, j’ai nommé “Récit d’une Baleine Velue au Pays des Poissons Clowns”. Il ne s’agit pas du tout d’une étude des grands cétacés en fond marin, et de leur rencontre avec leurs voisins de plus petites tailles – ça aurait été intéressant – mais je n’y connais strictement rien en faune aquatique. Par contre, raconter mon histoire, mes émotions, mes sentiments et tout faire dégouliner sur le mois de Novembre. Ça ! C’était à ma portée !

Ensuite y’a le Recueil “Poésies Adolescentes” – si tu es sur Instagram, tu les suis depuis début Janvier. Je balance verset par verset ce que j’écrivais quand j’avais 15,16 et 17 ans. Moments figés d’amourettes, de crush non partagés qui ont construit mon coeur sensible. C’est drôle de les relire, j’avais oublié.

Alors je partage un petit peu avec toi, puis je vais les mettre en forme – les quatre-vingt dix, j’ai compté – et te les proposer en recueil. C’était leur destinée quand j’étais adolescente et que je les avais déjà envoyé à une maison d’édition. J’ai pris un peu de temps. Tu sais ce qu’on dit : vaut mieux tard que jamais.

Et d’ailleurs, cela tombe bien, que ça ne soit jamais. Car le prochain projet est bien cette idée. J’ai dans mon disque dur, et mes placards, une petite dizaine de nouvelles, de romans avortés, de début sans fin. Et ça aussi tu vois, je me suis dit : allez pourquoi pas ? C’est pêle mêle, des choses que j’ai écrite lorsque j’étais étudiante en Lettres – mes années 2008 à 2012 je dirais – ma période comique et horrifique. Mes lectures oscillaient entre “Les Yeux Jaunes des Crocodiles” de Katherine Pancol – en passant par “Salem” de Stephen King – jusqu’à “À l’estomac” de Chuck Palahniuk (oui oui l’auteur de Fight Club). Et mes écritures aussi. Alors partageons, cher.e.s ami.e.s, partageons.

Les autres ? Gardons un peu de secret non ? Vous êtes quelques un.e.s, proches, à savoir ce qui se trame. Mais c’est encore tellement à l’état d’un têtard que t’en parler ça serait pas juste.

Il y en a qui a déjà un logo et un compte instagram.

Il y en a un autre qui a sa propre enquête – et j’ai d’ailleurs besoin de toi pour la remplir – juste ici : https://goo.gl/forms/VF1uFzdHhPT5ZHlQ2

Les deux noms ont un nom. Ils grandissent dans mon ventre, dans mes tripes, dans ma tête, en moi. Je les couve amoureusement. Et quand ça sera bon, j’en parlerai.

En attendant toutes ces belles choses, je t’envoie milles bisous et te dis à très bientôt pour de nouvelles aventures.


Crédits photo : Henry Be via https://unsplash.com/@henry_be

Apocalypse, partie 2

(La première partie de l’article : “Apocalypse, partie 1”)

Apocalypse – étymologie : Emprunté au latin apocalypsis (« révélation »), lui même emprunté au grec ancien ἀποκάλυψις, apokálupsis (« action de découvrir »). Provenant du verbe grec καλύπτω, kalúptô (« cacher »), précédé du préfixe de privation ἀπό ápó. Littéralement donc « [chose] dé-cachée », et donc par extension, « [chose] dévoilée aux hommes », « retrait du voile qui cachait la chose », « le voile est levé ».

Wikitionnaire

Reste à comprendre mon absence de cycle qui est un autre de mes symptômes.

Depuis que j’ai arrêté la pillule au milieu de l’année 2016 j’ai vu revenir mes règles. D’abord une fois fin 2016, puis deux autres fois en 2017. Je ne me suis pas enthousiasmée pour autant, car je n’ai jamais eu de cycles. Donc les avoir était très chouettes en soi, que mes cycles ne fassent pas 30 jours ne m’inquiétait pas car je ne sais pas ce que c’est.

Puis en 2018 tout change. Mes menstrues sont arrivées six fois. Mes cycles ont au fur et à mesure diminué. Début 2018, mon cycle faisait 94 jours – en décembre il n’en faisait plus que 29 jours.

Alors j’ai repris mon historique hormonal – pilule et traitement compris – pour mieux comprendre. Depuis mes 16 ans – date où je n’étais pas encore réglé et que cela inquiétait la gynécologue de ma mère – j’ai été mise sous traitement Andr**ur et pro**mes entre entre douze et dix-huit mois à peu près. Puis pilule pendant environ quatre/cinq ans, ensuite arrêt pendant un an pour la pose d’un stérilet, puis de nouveau reprise de la pilule pendant trois ans environ. Encore un arrêt pendant un peu plus d’un an avant que je sois remis sous pilule par mon gynécologue de l’époque.

Et là on arrive à 2016 – de mes 16 à mes 29 ans, j’ai ai été 9 ans et demi sous hormones et seulement 2 à 3 ans sans rien.

Sans savoir si j’avais un cycle ou non. Ce que je vois aujourd’hui.


Au final, mes “symptômes” pris indépendamment ne sont pas le résultat d’une maladie ou d’un syndrome. Mais pour savoir tout cela il fallait creuser un peu, questionner et comprendre. Pas juste jeter un diagnostic. Toute cette histoire m’a appris la patience et vivre loin des solutions prêt à guérir.

Alors que va-t’il se passer maintenant ? Cet article signe la fin des articles sur le SOPK pour l’Autre Morgane – mais ouvre la porte pour l’écriture d’un Guide !

Depuis 2012, je me suis beaucoup documentée, j’ai lu énormément d’études, de documents – français et anglais – sur le Syndrome. J’ai aussi eu à coeur de te lire, d’échanger avec toi.

Je souhaite du coup permettre que tu aies tout à ta portée. Attention, ça ne remplacera pas l’avis d’un médecin ! C’est un plus, un complément, un coussin sur lequel tu pourras te reposer si jamais tu n’as pas eu de réponses à tes questions – comme beaucoup d’entre nous.

Je vais commencer l’écriture de ce guide dans les semaines à venir – je ne peux pas encore te dire une date de sortie, ni combien il coûtera, car il sera un peu dense et nécessitera beaucoup de travail.

Pourquoi je préfère le vendre plutôt que de l’offrir gratuitement ? Il est vrai que toutes les informations qu’il contiendra sont à la portée de tou.te.s, qui a un navigateur web et du temps devant ellui. Il s’agira de condenser tout ce que j’ai compris, lu, qui sera vulgarisé pour toi. C’est du temps, du travail pour offrir un contenu qualitatif.

De plus écrivaine c’est mon métier 😉 ! On ne vit pas en offrant que du contenu gratuit, comme tu le sais bien. Mais nous aurons tout le temps d’en reparler d’ici-là…

Et la page Facebook ? Et le groupe Facebook ? La page existera toujours, mais comme je me désolidarise de ce réseau social, il n’y aura que les partages des articles du blog. Si tu souhaites plus de contenus, je suis assez active sur Instagram (@lautre.morgane) et de nouveau sur la newsletter (tu peux t’inscrire ici si tu le souhaites : https://www.subscribepage.com/lam_fb ). Concernant le groupe – il a de belles valeurs mais il est à l’abandon – je pense léguer les droits à une personne de confiance qui comprend les messages que je souhaitais passer. Il continuera à vivre indépendamment de la page et de mon entreprise.

Lors de la confirmation de mon erreur de diagnostic, j’ai eu l’occasion de faire un live sur Instagram pour expliquer la situation. Certain.e.s sont venu.e.s me dire qu’avec mon expérience, mes recherches, le fait que j’ai de l’hirsutisme (que ce soit génétique ou hormonal n’y change rien) – que tout cela fait foi, me donne de la légitimité. Mais de toi à moi, je pense qu’il faut que je passe à autre chose. J’ai fait le tour de la question et je ne veux pas rentrer dans le jeu des trop nombreuses personnes qui parle du Syndrome sans l’avoir, sans le vivre.

Alors je vais uniquement parler de ce que je sais maintenant et clôturer cette belle histoire.

En attendant le guide, Milles baisers vers toi – et souviens-toi de lea Guerrier.e qui vit à l’intérieur de toi <3


Crédits photo : Photo by Tobi from Pexels

Apocalypse, partie 1

Apocalypse – définition : Nom féminin, catastrophe effrayante qui évoque la fin du monde.

Larousse

Le syndrome m’a été diagnostiqué à 23 ans – soit en 2012. Mon humour s’en est servi, c’était l’Apocalypse. La Fin du Monde, et ce n’était pas à cause des Mayas.

C’est une histoire que je te raconte depuis le 5 Janvier 2018 – soit trente-six articles autour du Syndrome, de ses symptômes et de ses problématiques.

Quand je t’écris, nous commençons Janvier 2019. Je ne communique plus sur la page depuis fin Octobre 2018.

Et pour cause. Je ne suis pas malade.

Tu aurais le droit de crier à l’arnaque, au scandale, à la honte. “SHAME ON YOU” (NLDR : honte à toi) – et je ne t’en voudrais pas. Il m’aura fallu plusieurs semaines pour reprendre l’écriture de cet article. Qui signe la fin d’une période pour moi, et pour un sujet de cette page.

Par quoi commencer pour t’expliquer… Par une fameuse échographie qui a changé le schmilblick.

C’est le 29 Octobre 2018. Je me souviens avoir bu deux litres d’eau. On m’avait demandé de n’en boire qu’un – mais la première fois que j’ai fait une échographie pelvienne (par sonde vaginale) l’échographe m’avait roupesté dessus parce qu’il n’y voyait rien – alors j’ai beaucoup bu. J’avais une furieuse envie d’uriner et je maudissais l’échographe d’avoir pris du retard.

C’était une échographie de vérification. Lors de mon dernier examen gynécologique, la sage-femme (j’ai préféré être suivi par une sage femme) avait tâté un endroit douloureux au niveau de mon ovaire droit. L’échographie permettait d’en savoir plus sur cette mystérieuse douleur.

J’arrive dans le cabinet de l’échographe, sur le point d’uriner sur la chaise. Il comprend ma détresse et m’explique très gentiment que ce n’était pas la peine de boire autant – ni même de boire en fait – car l’échographie prescrite est par voie interne et donc plus facile à regarder.

“Mais comme vous êtes là avec tout ce liquide on va quand même regarder par voie abdominale, histoire que vous n’ayez pas fait tout cela pour rien”.

Il est gentil et drôle. Il essaie de me détendre.

La dernière fois que j’ai eu une échographie c’était pour mon diagnostic. L’échographe avait décelé neuf follicules sur l’ovaire droit. Il avait conclu par un “Syndrome des Ovaires Polykystiques”.

Je papote avec l’échographe pendant qu’il passe la sonde sur mon bas-ventre, je me retiens très fort (même si je sais qu’il ne reste que quelques minutes avant de pouvoir aller au toilette). Il me parle de ma vessie, me prévient de son état – qu’elle est distendue – que ça serait chouette de ne pas attendre d’avoir envie pour faire pipi. Je rigole grassement en pensant au contexte actuel.

Il remonte sur mon utérus. “Il est parfait ! Regardez comme il est beau !”. J’écarquille les yeux comme une enfant. Il m’explique, me montre mon petit intérieur. Je lui parle de mon diagnostic. Et là il fronce les sourcils. “C’est la nouvelle mode ça ! Dès que quelque chose cloche dans la fertilité d’une femme aujourd’hui on dit qu’elle est SOPK, n’importe quoi ! Votre utérus est nickel, et je vous parie tout ce que vous voulez que vos ovaires aussi !”

Il change de sonde pour l’intra-vaginal. Il m’explique encore, va doucement, me montre. “Ah bah vous voyez, juste ici votre trompe gauche et votre ovaire gauche, ils sont supers, rien à dire. Bonne taille d’ovaire, bon nombre de follicules. On va passer sur le droit. Et bah non, ils sont super beaux.” J’aurai du parier quelque chose en effet.

Je ne comprends plus. Là où il y avait encore quelques années que des problèmes, il n’y avait juste plus rien. Tout était bien ordonné à l’intérieur de moi.

“Je vais vous dire, on les voit très vite les ovaires polykystiques, liés au Syndrome ou non d’ailleurs, ils sont tellement engorgés par les follicules calcifiés qu’on ne voit même plus l’ovaire. Vous on les voit très bien.

Allez pour chipoter, votre ovaire gauche est juste un peu plus petit que l’autre et les follicules sont sur la périphérie. Mais alors vraiment rien de grave, juste une particularité.” En l’entendant, sur le coup j’ai repensé à mon appendice qu’on m’avait retiré six mois plus tôt et qui était au milieu de mon bas ventre, petite particularité intérieur encore.

“Mais alors le poids et mon hirsutisme ?” je lui demande. Ce sont les deux symptômes les plus visibles et dont les médecins m’ont parlé en premier – après mon cycle menstruel extrêmement longs (j’y reviendrai).

“Vous avez des tendances à l’embonpoint dans votre famille ?” “Oui, toutes les femmes de ma famille ont les fesses et les hanches larges !”.

“Un soupçon de moins – je vais passer une autre sonde sur les surrénales maintenant pour voir d’où peut venir votre hirsutisme.”

Il m’explique que les glandes surrénales sont de petites glandes comme des petits chapeaux positionnées juste au dessus des reins. Elles fabriquent des hormones indispensables au bon fonctionnement de l’organisme, comme l’adrénaline, le cortisol, la testostérone… Si elles sont en mauvaise état, elles peuvent être à l’origine d’un dérèglement hormonal et donc d’un hirsutisme.

Il me montre mes surrénales, et elles sont “nickels” comme il dit.

“Mais alors ça viendrait d’où tous ces poils ?” “Vous avez de la famille méditerranéenne ?” “La branche maternelle est italienne” “alors c’est à votre famille qu’il faut faire un procès.” dit-il en plaisantant.

Nous continuons à papoter, notamment du fait qu’aujourd’hui il trouve que les diagnostics se multiplient alors que les problèmes ne sont que survolés et qu’en général la personne n’est pas malade, elle est juste différente, en dehors des moyennes.

“Très peu de monde finalement rentrent dans les quotas idéaux de la médecine moderne, et vous en avez fait les frais. Je vois des dizaines de femmes, comme vous, arriver dans mon cabinet en panique, pensant qu’elles ne pourront jamais vivre correctement ou espérer fonder une famille. Simplement parce qu’elles ne sont pas dans la bonne catégorie d’IMC, ou qu’elles ont une particularité physique jugé ‘anormal’ – alors que ce n’est qu’une différence physiologique. Tout va bien, tout est bien rangé à l’intérieur.”

Je suis rentrée chez moi estomaquée. Comprends-tu pourquoi il m’a fallu autant de temps pour t’écrire ? Je ne me sentais absolument pas légitime à revenir te parler de tout cela, je n’ai peut-être jamais été malade. C’est une super nouvelle pour mon corps, pour ma vie, pour l’avenir !

(Fin de la première partie – la suite ici : “Apocalypse, partie 2” )


Crédits photo : Photo by Dustin Tray from Pexels

Que faire suite au scandale de l’Androcur ?

Je sais que vous êtes nombreux•ses à ne plus savoir s’il faut continuer ou non ce traitement. Cette mini-dépêche est déjà un appel au calme, l’anxiété et le stress aggrave les symptômes du SOPK – alors prends-toi un thé/chocolat chaud, enroules-toi dans ton plaid, met un bon film d’automne. C’est un bon début 😀 !

🔥 Si tu ne prends pas/plus ce traitement : les effets de l’acétate de cyprotérone – connu sous Androcur – disparaissent progressivement (dans les 2/3 mois) à l’arrêt de la prise du traitement.

🔥 Si tu le prends en ce moment : ne l’arrête pas, mais rapproche-toi rapidement ton médecin/gynéco/andocrino – pour que vous en parliez ensemble.

🔥 S’iel ne veut pas répondre/entendre tes questions/peurs : change de spécialiste et rapproche-toi d’un•e de ceux/celles qui sont sur la liste de Gyn&co (http://gynandco.wordpress.com).

🔥 Si tu es en cours de traitement il faut aussi que tu comprennes que l’acétate de cyprotérone te rend dépendant. Ses avantages ne sont visibles que si tu prends le traitement et UNIQUEMENT pendant que tu le prends. De fait, si tu prends la décision de l’arrêter tes poils/boutons/cheveux gras/kilos reviendront. Il faudra donc te préparer à cette issue dans la bienveillance 💛

🔥 Je comprends ta peur et ton appréhension, je l’ai pris par le passé et j’avais donc pris la décision de l’arrêter – de fait, si tu as des questions, des demandes, un sac à déballer, je reste à ta disposition que ce soit dans les commentaires ou en messages privés.

💛Prend soin de toi.

NB : Si tu penses que cet article peut être utile à l’un•e de tes proches, n’hésite pas à le partager 🙏

Wilgeforte, la Vierge Forte

Coucou à toi, Guerrièr•e du Quotidien et Bienvenue dans ce qui sera notre dernier épisode de l’Été !

Pour fêter ce dernier épisode, j’aimerai te parler de quelque chose d’extraordinaire. D’une sainte barbue…

A la fin du XIVe siècle, les croyants découvrent Saint Wilgeforte, aussi appelé La Vierge Forte (encore cette histoire de force), une martyre barbue qui fut honorée jusqu’au début du XXe siècle dans certains pays européens.

De cette sainte très tardive, on ne connaît ni le lieu exact du martyre, ni celui de son ensevelissement, et c’est à peine si l’on possède d’elle quelques reliques… C’est une sainte qui ne laisse personne indifférent, elle est toujours représentée crucifiée, et toujours pourvue d’une robe et d’une barbe.

Sa représentation est celle d’une femme à la tunique longue, à la poitrine très dessinée, et à la pilosité toujours soulignée. Ce caractère androgyne indisposaient beaucoup les clercs, qui ont notamment détruit la barbe d’une des statues de Wilgeforte.

Le culte de Wilgeforte s’est répandu surtout par les femmes. On disait d’elle qu’elle délivrait, libérait toutes celles qui faisaient appel à elle. Également invoquée par les femmes enceintes pour avoir une “bonne délivrance”. En Flandre, elle est connu sous le nom de Sainte Ontcommer “Sainte Délivrance”. Son culte était assez répandu également en Angleterre, dans le Sud-Ouest de la France, en Espagne et en Allemagne.

La légende racontait qu’elle était une princesse d’une grande beauté, converti au christianisme à l’insu de son père. Lequel la donna en mariage à un roi de Sicile. Seulement Wilgeforte avait fait voeu de chasteté, elle implora Dieu pour son aide, lequel lui donna la barbe. Le père horrifié et furieux par la traîtrise de sa fille, la fit crucifier.

Mais en réalité cette légende servait de camouflage pour ce qui semblait être la véritable histoire de Wilgeforte. Qui est en fait simplement un double féminin du Christ. Ce crucifix d’origine byzantine montrant un christ barbu, vêtu d’une tunique à longues manches serré à la taille, serait à l’origine de la création de Wilgeforte… Mais ça reste quand même une Sainte super cool !

Il n’y aura pas de suite à l’épisode. car nous arrivons au terme de notre série de l’Été… J’espère que cela t’aura plu, que tu auras appris des choses.

Sache que ce ne sont que des brèves et qu’il y a encore tellement de choses à apprendre sur l’histoire du Poil à travers les âges (et pas seulement du Poil d’ailleurs).

Je t’invite par conséquent à jeter un coup d’oeil à la Bibliographie 😀 !


NB : l’Histoire est une science en perpétuelle mouvement. Ce que je dis aujourd’hui peut être faux demain, car on est pas à l’abri de nouvelles découvertes – et que je n’ai pas lu aussi tous les ouvrages sur le sujet ^^. Pour en savoir plus, je te renvoie vers la sublime vidéo des “Revues du Monde” sur “Peut-on faire confiance à l’Histoire ?” : https://www.youtube.com/watch?v=mBmi5IWuKHg&feature=youtu.be&t=8m3s

NB2 : tout commentaire à caractère agressif, humiliants, et n’ayant pour vocation que la haine de l’autre, sera AUTOMATIQUEMENT supprimés. Merci à toi et amour sur toi !

Merci à toi d’avoir suivi cette série, et j’espère à bientôt pour un autre été… 2019 !


Bibliographie & Sources (pour votre plus grand plaisir !) :

  • Histoire du Poil de Marie-france Auzépi & Joël Cornette
  • Du Poil et de la Bête, Iconographie du Corps Sauvage en Occident à la fin du Moyen-Âge (XIIIe – XVe siècle) de Florent Pouvreau
  • Du Velu au Lisse : Histoire et Esthétique de l’épilation intime de Jean Da Silva
  • Un peu du site Womenology.fr aussi 😉

[Article Invité] Et toi, es-tu un sexeur de bébés ?

[ Article invité traitant de : Rapport au corps/ TCA/ Identité de genre – Egalement disponible en podcast sur : https://youtu.be/X9SGs3kYxx8 ]

Cet article a été écrit par “Laetitia et les Mondes intérieurs” ; tu peux retrouver son contenu sur http://lesmondesinterieurs.fr/ et sa chaîne Youtube. En ce moment iel propose son “Carnet “Vivre pour soi-même (sans être un monstre pour autant!)” que je te recommande chaudement !

Un immense Merci à iel pour sa confiance et l’article qu’elle a écrit pour l’Autre Morgane et l’inauguration de la catégorie “Cet•te autre que j’aime tant”…


Quand Morgane m’a proposé de faire un article sur mon rapport au corps pour son site, déjà mes chevilles ont un peu enflées, et ensuite je me suis dit que j’allais parler des ôôô multiples problèmes que j’avais eu pour accepter ne serait-ce que l’idée d’avoir un corps (oui moi je voulais être un pur esprit, pour être débarrassé de l’obligation de manger et de devoir gagner des sous pour entretenir ledit corps, tout ça).

On m’avait muni de ce « truc » et il allait falloir se le coltiner à vie maintenant (en plus il peut tomber malade et tout, t’imagines l’enfer ?).

En réalité je crois que si je voulais vraiment écrire un article qui change, alors je devrais plutôt parler de mon rapport à mon corps tel que je le vis maintenant. Parce que ÇA, ça fait bizarre, à l’heure où le corps est objectivé et sexualisé de partout.

En fait j’adore mon corps.

Je ne le trouve pas particulièrement beau, même si je sais que de ce côté-là je n’ai pas trop à me plaindre. Je le laisse avoir des poils et plus tard j’accueillerai avec plaisir ses cheveux blancs. Je ne le blâme plus quand il peine à faire des efforts, qu’il tremblouille de partout parce qu’il contient des émotions intenses vraiment fréquemment.

Quand il a envie de rire et de pleurer en même temps parce que mes hormones font des trucs étranges parfois pendant mes cycles, alors que j’ai la sensation que c’est un remake du 11 septembre 2001 dans mon bas-ventre.

Non pas que j’aime souffrir (hahaha), mais j’ai accepté que tout ça ait lieu, je ne me révolte plus contre ce corps.

COMMENT UN TEL CHANGEMENT MES AÏEUX ?

Tout a changé quand j’ai compris que mon « corps » c’était « moi ». Que « moi » j’étais non pas « dans un corps » (comme un cyborg qui pilote une machine), mais que « j’étais » ce corps. J’étais à la fois l’esprit, et le corps. Les deux. Pas séparés du tout.

Alors j’ai commencé à voir les choses autrement.

Si mes pensées et mes émotions font partie de « ce que je suis », alors mon corps, mon image et les sensations qui vont avec : aussi. C’est moi le gargouillis du ventre, et c’est des bouts de moi quand je me ronge les ongles. Oui c’est un peu dégueu, mais avouez que c’est rigolo quand même.

Les choses ont commencé à se mettre en place. Moi qui souffrait de TCA (Troubles du Comportement Alimentaire), j’ai petit à petit vu ces troubles se résoudre, parce que je savais que je ne nourrissais pas ainsi mon « corps » mais bien mon « être ». Et mon être, je voulais qu’il se sente bien, parce que « moi » je veux me sentir bien. Pas besoin d’une énorme estime de soi pour ça d’ailleurs, c’est juste pragmatique : on n’apprécie pas trop de se sentir mal, par définition. Alors certes il allait me falloir affronter des émotions enfouies pas-belles-à-voir, mais j’allais le faire en sachant pourquoi.

Alors que je m’étais toujours révoltée contre l’obligation de piloter le corps pour vivre, je m’autorisais pour la première fois de ma vie à vivre, à vivre vraiment, en tant que l’humain que j’étais, tel qu’il est foutu et pas tel que j’aurais voulu l’imaginer.

Je suis tombée amoureuse de tout ça, parce que mes études m’avaient appris comment fonctionne ce corps (je suis allée en médecine, puis en biologie). En vrai, j’ai toujours aimé d’amour la nature et les cellules et le fonctionnement des micro-machins qu’il y a dedans. J’ai toujours été fasciné par ça.

Mais « moi », je pensais être « contre-nature ». Parce que je ne me reconnaissais pas dans tout ça, je pensais être à part, j’avais la sensation d’être d’ailleurs et le monde terrestre n’était qu’un emplacement par défaut dans lequel j’étais arrivée on-ne-sait-trop-comment.

Mais, si j’étais le corps, alors je n’étais pas du tout arrivée là par défaut. Parce que je sais comment les corps se forment. Je ne savais juste pas à quel point ça me concernait.

Dans chacune des étapes de la formation de ce corps, il y avait eu de la vie.

Et la « vie », je connaissais : « moi », j’étais bien « vivante » et je n’en ai jamais douté.

Donc de la vie dans le corps : aussi.

Je souffrais de dysphories de genre [NLDR : pour décrire la détresse de la personne transidentitaire face à un sentiment d’inadéquation entre son sexe assigné et son identité de genre.] dont je n’avais même pas idée tellement je les avais traînées jusque-là sans remettre en question leur présence.

Ça s’est réglé aussi, progressivement, mais rapidement quand même.

Et j’ai enfin compris pourquoi, à la base, je rejetais tellement l’idée de ce corps, qu’on devait « habiter » mais qui n’étais pas « moi ».

Mon corps, on l’avait genré « fille ».

Sauf que, je ne suis pas une fille.

Je ne suis pas un homme non plus. Je suis un humain.

On peut dire que je suis agenre (pas de genre). Mais moi on m’avait appris que « vagin = fille », et que « pénis = garçon ». Et en tant qu’enfant j’avais parfaitement conscience que pour que le corps puisse fonctionner, il a besoin de toute une machinerie (ne serait-ce que pour faire pipi, tu vois ?). Et je me disais alors : « Le sexe, ça a l’air marrant quand même, dommage qu’il nous faille avoir une machinerie organique spécialement pour pouvoir en faire ».

Je n’ai jamais eu honte de comment mon corps était formé, mais le problème était (pour moi à l’époque) que sa « forme » me donnait un « genre ». Erreur fatale, comme dirait Gerald De Palmas, parce que du coup j’ai rejeté ce corps quasiment toute ma vie, et je ne savais même pas pourquoi.

Alors certes, je ne suis pas devenue du jour au lendemain « super healthy » et « super à l’aise avec toutes les formes de mon corps » (je n’aime pas les pieds, que veux-tu). Mais j’ai arrêté d’être en guerre ouverte, au moins. Je suis encore accro à la cigarette, et des fois je sais que je ne mange pas assez, mais on est très loin de la négligence voire du mépris que j’éprouvais avant à l’idée de faire des efforts pour tout ça. Et quelle honte quand il me fallait faire du sport aussi, avec mes mouvements que les dysphories s’amusaient à dé-coordonner (ce mot n’existe pas, mais ça veut dire que j’ai une coordination de mouvement toute pourrie dès que quelqu’un me regarde, toute seule ça va).

Maintenant, ça va.

Mon corps n’est pas un enfant que je prends sous le coude en disant : « Allez fais pas ta mauviette putain ».

Mon corps c’est toutes les parts de mon psychisme, de ma personnalité, les traces de mon vécu, les fondations de mon avenir.

Et j’espère que j’arriverai grâce à tout ça (le corps et tout ce qu’il est) à expérimenter la vie encore longtemps.


Crédits photo : Photo by Matheus Bertelli from Pexels

NB :  tout commentaire à caractère agressif, violent ou oppressif sera automatiquement supprimé, merci !

Le Poil Divin

Coucou à toi, Guerrièr•e du Quotidien et Bienvenue dans ta Série de l’Été !

 

Toutefois, on peut parler de deux belles exceptions à partir de la Renaissance, qui laissait le corps au repos un certain temps…

 

Courant du XVIe siècle, l’Église Chrétienne avait pris tellement de pouvoirs sur les moeurs qu’on pouvait aussi le remarquer dans les habitudes pileuses à ce moment-là.

 

Au début du Moyen-Âge, à la chute de l’empire romain, les habitudes d’épilations des romains se perdirent et la coutume était plutôt de ne pas retirer ses poils. Car les hommes comme les femmes sont à l’image de Dieu (cela valait également pour le maquillage, qui était très mal vu, mais c’est pas le sujet).

 

Pour revenir au XVIe siècle, juste après la mode importée du Moyen-Orient de l’épilation. Catherine de Médicis, très pieuse de son état, intima l’interdiction de l’épilation féminine (sauf pour le front… parce que, tu comprends, la mode…).

 

Mais il n’y eut pas seulement cet événement qui fit respirer un peu nos Poils.

 

Lors de la Découverte des Indiens d’Amériques, les colons découvrirent qu’ils s’agissaient d’individus presque imberbes. Et comme ils les considéraient comme des sauvages, les colons souhaitant se différencier d’eux, décidèrent de ne plus s’épiler. Et ainsi espérer être plus velus que les indiens.

 

Exemple peu glorieux de la bêtise humaine qui eut au moins le mérite d’éteindre pendant un temps l’éradication du poil.

 

Suite au prochain épisode 😉 !

 

***

NB : l’Histoire est une science en perpétuelle mouvement. Ce que je dis aujourd’hui peut être faux demain, car on est pas à l’abri de nouvelles découvertes – et que je n’ai pas lu aussi tous les ouvrages sur le sujet ^^. Pour en savoir plus, je te renvoie vers la sublime vidéo des “Revues du Monde” sur “Peut-on faire confiance à l’Histoire ?” : https://www.youtube.com/watch?v=mBmi5IWuKHg&feature=youtu.be&t=8m3s

 

NB2 : tout commentaire à caractère agressif, humiliants, et n’ayant pour vocation que la haine de l’autre, sera AUTOMATIQUEMENT supprimés. Merci à toi et amour sur toi !

 

***

 

Bibliographie & Sources (pour votre plus grand plaisir !) :

  • Histoire du Poil de Marie-france Auzépi & Joël Cornette
  • Du Poil et de la Bête, Iconographie du Corps Sauvage en Occident à la fin du Moyen-Âge (XIIIe – XVe siècle) de Florent Pouvreau
  • Du Velu au Lisse : Histoire et Esthétique de l’épilation intime de Jean Da Silva
  • Un peu du site Womenology.fr aussi 😉

Celle/celui qui est fort•e

Coucou à toi, Guerrièr•e du Quotidien et Bienvenue dans ta Série de l’Été !

 

L’éradication du poil n’a pas toujours été une règle de fond au Moyen-Âge, car sa signification (et donc sa présence) est souvent lié à la force…

 

Un des clichés est notamment que la présence de poil est signe d’une vigueur physique hors du commun. Cette superstition est sûrement à l’épisode biblique de Samson – ébranlant les colonnes du temple de Bel. Tout comme l’anecdote fut reprise pour l’histoire de l’Hercule chypriote et gaulois, qui était aussi velu, et remarquable par sa force légendaire.

 

Le Moyen Âge offre maints exemples de héros dont la force est associée à la pilosité. Les légendes du Rhin confient la garde des trésors, des ruines et des vierges endormies à des géants poilus et barbus. D’ailleurs Pantagruel fut promis à un bel avenir dès sa naissance parce qu’il était recouvert de poils.

 

Ainsi, des Hébreux aux Grecs, des Grecs au temps médiévaux, l’idée qu’il existe un lien étroit entre la forte pilosité et la force physique s’est transmise. Et les femmes à barbe n’était pas exempte de cette croyance.

 

Car bien que l’on croyait qu’être totalement recouvert de poils était le signe du malin. Qu’une femme ait des poils, comme une barbe, ne la renvoyait pas à une possible possession du diable, simplement qu’elle est douée d’une extraordinaire force.

 

Après, Jésus n’était-il pas représenté avec une barbe ?

 

Suite au prochain épisode 😉 !

 

***

NB : l’Histoire est une science en perpétuelle mouvement. Ce que je dis aujourd’hui peut être faux demain, car on est pas à l’abri de nouvelles découvertes – et que je n’ai pas lu aussi tous les ouvrages sur le sujet ^^. Pour en savoir plus, je te renvoie vers la sublime vidéo des “Revues du Monde” sur “Peut-on faire confiance à l’Histoire ?” : https://www.youtube.com/watch?v=mBmi5IWuKHg&feature=youtu.be&t=8m3s

 

NB2 : tout commentaire à caractère agressif, humiliants, et n’ayant pour vocation que la haine de l’autre, sera AUTOMATIQUEMENT supprimés. Merci à toi et amour sur toi !

 

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Bibliographie & Sources (pour votre plus grand plaisir !) :

  • Histoire du Poil de Marie-france Auzépi & Joël Cornette
  • Du Poil et de la Bête, Iconographie du Corps Sauvage en Occident à la fin du Moyen-Âge (XIIIe – XVe siècle) de Florent Pouvreau
  • Du Velu au Lisse : Histoire et Esthétique de l’épilation intime de Jean Da Silva
  • Un peu du site Womenology.fr aussi 😉

Le Poil de la Bête

Coucou à toi, Guerrièr•e du Quotidien et Bienvenue dans ta Série de l’Été !

Mais alors qu’on ne parle que d’épilation on en oubliait presque le principal intéressé, le poil lui-même… Qu’en est-il de ceux qui le gardent, et d’ailleurs comment vivait-on au Moyen-Âge en étant atteint d’hirsutisme ?

Pour cela, faisons un bref retour en arrière pour comprendre l’origine du Mythe.

A l’intérieur du monde chrétien, il est un domaine où, à propos de pilosité, régnait l’unanimité au Moyen Âge… L’hirsutisme était considéré comme une transgression mettant l’ordre en péril, l’ordre social tout autant que l’ordre du monde.

Sur les images médiévales, ceux qui dérangent l’ordre terrestre, reflet de l’ordre divin, sont représentés, comme Satan lui-même, les cheveux dressés, hérissés et les poils hirsutes.

Dans les évangéliaires byzantins (pour revenir à eux), les possédés guéris par le Christ sont hirsutes, tout comme les petits démons noirâtres expulsés de leur personne. De même que sur les chapiteaux romans, les démons accueillant l’âme des méchants sont hirsutes.

L’origine de cette légende remonte au règne de Constantin 1er. Lorsqu’il accepta le christianisme dans son empire, il faisait également établir les règles du Concile de Nicée (325 après J.C.). Et il opéra par la même une révolution capillaire en se rasant la barbe.

Après lui, on eût seulement l’exception de Julien l’Apostat (360-363) qui abandonna en même temps le christianisme et le rasoir, les habitants d’Antioche se moquaient de sa barbe en le traitant de bouc (la Bête). Il resta un cas particulier car l’essor fut plutôt celui du lisse que du velu dans le christianisme.

Sauf pour la suite de notre histoire… 😉


NB : l’Histoire est une science en perpétuelle mouvement. Ce que je dis aujourd’hui peut être faux demain, car on est pas à l’abri de nouvelles découvertes – et que je n’ai pas lu aussi tous les ouvrages sur le sujet ^^. Pour en savoir plus, je te renvoie vers la sublime vidéo des “Revues du Monde” sur “Peut-on faire confiance à l’Histoire ?” : https://www.youtube.com/watch?v=mBmi5IWuKHg&feature=youtu.be&t=8m3s

NB2 : tout commentaire à caractère agressif, humiliants, et n’ayant pour vocation que la haine de l’autre, sera AUTOMATIQUEMENT supprimés. Merci à toi et amour sur toi !


Bibliographie & Sources (pour votre plus grand plaisir !) :

  • Histoire du Poil de Marie-france Auzépi & Joël Cornette
  • Du Poil et de la Bête, Iconographie du Corps Sauvage en Occident à la fin du Moyen-Âge (XIIIe – XVe siècle) de Florent Pouvreau
  • Du Velu au Lisse : Histoire et Esthétique de l’épilation intime de Jean Da Silva
  • Un peu du site Womenology.fr aussi 😉