Ecrire ici

Comme beaucoup d’entre nous, depuis enfant, je navigue avec un envahissant besoin de reconnaissance. Pour tout.

J’en ai écris des choses sur ce besoin. Parfois publiées, souvent oubliées dans mon disque dur…

Même s’il est simple de faire des liens avec mon éducation et mon parcours scolaire, par bien des histoires d’invisibilité sociale et familiale, il faut bien composer aujourd’hui avec et le comprendre.
Je l’ai bien compris, il y a une différence entre comprendre et appliquer.
Aujourd’hui je ne suis pas capable de savoir avec certitude que je fais quelque chose parce que ça me fait plaisir ou parce que ça me fait plaisir de savoir que ça va faire plaisir à la personne en face. Problématique.

C’est pour ça que j’en suis là. C’est pour ça que là maintenant, à 30 ans tout juste, j’habite avec un néant social, un bordel cérébral sans nom et une tristesse qui ne me quitte pas. Car ce n’est plus tellement la question “qui je suis ?” qui vivote dans mon crâne. Non plus seulement cette question. Maintenant il y a ses potes “où est ma place ?”, “quelle est ma valeur ?”, “est-ce que j’aime faire tout ça?” “pourquoi je fais tous ça?” et la petite dernière “ça vaut vraiment le coup ?”.

Entre l’année 2017 et 2019 j’ai suivi les pérégrinations virtuelles de Lyvia Cairo, son credo était assez proche du “qu’est-ce que tu as à perdre ?”, je crois que c’était “le pire c’est que tu meurs”.
L’ironie c’est que je passe beaucoup de temps à écarter de mon chemin des opportunités parce que je me pose tellement de questions sur l’après, sur moi, sur tout ; qu’au final, c’est trop tard.

A contrario, je vais vouloir tout tester, tout faire, tout créer. Bordel je n’ai qu’une vie, vite vite ! Je ne termine jamais ces routines, ces formations, ces régimes, ces habitudes. Là aussi, ça m’apprend des choses sur moi, sur mes questions, sur mes passions.

Qu’est-ce que je veux ?

C’est pour répondre à cette question que j’ai mis un mot de passe. En maîtrisant l’entrée de mon boudoir, j’apprend par la même occasion que je n’ai pas besoin de plaire pour écrire, je n’ai pas besoin d’être aimée par l’autre pour avoir des idées et des envies. Je n’ai surtout pas besoin de faire valider mon cheminement de pensée.

Le biais que j’ai découvert pendant le confinement (parlons-en), c’est que chaque chose qui m’arrive, chaque chose que je découvre, j’ai comme une explosion enfantine en moi qui s’exprime par le besoin impérieux de le partager à une personne que j’aime.
Mais je n’ai pas besoin de faire valider mes explosions de joie. Je dois redessiner les lignes de mes partages, peut-être juste comprendre que le partage ne dois pas être une validation.

Alors j’écris ici. Car même si tu es une autre personne que moi à qui je donne les clés, tu n’as aucune obligation, tu peux être mon ami “le Vent”.
Quand j’étais enfant, je pensais avoir le pouvoir de maîtriser le Vent. C’était mon grand pote…
Alors tu es comme mon ami “le Vent”, Tu me caresses gentiment la joue, tu exprimes ta présence spectrale, imperceptible et affectueusement tu m’apprends que je n’ai pas besoin de ta validation pour m’exprimer ici.

Et demain, en dehors de ces murs.

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