Je traverse un marais sombre, peu confortable et insolvable depuis pas mal de temps.

Cela aurait pu s’appeler montagne russe, traversée du désert, insomnie d’idées ou profonde solitude et sa cerise d’anxiété.

 

J’essaie plein de choses. Je parcoure le web depuis super longtemps, j’ai créé tellement de blogs, de skyblogs, d’overblog, de cowblog et de wordpress. Ils ont changé de noms, beaucoup de fois. Titania10, Cy4nur3, Sn0w-white, Adenia Campanule, Mo.Graphy, Morgane.Cht, ElleVeutToutFaire, L’autre Morgane, Morgane du Val. J’ai fait des articles écrits, audio, vidéo. J’ai créé des sites internets de recettes de cuisine, d’astuces des sims (c’était surement mon tout premier site en HTML/CSS, je devais avoir 14 ans), des blogs de poésies, de montages photos, des vidéos philosophiques.

 

J’ai parcouru, j’ai cherché, j’ai écumé. A la recherche d’un public, de lecteurs, d’attention.

Je n’ai pas trouvé.

 

Je ne sais même plus quoi essayer. J’ai été freelance webdesigner peu sûre d’elle puis artisane perdu dans la masse, qui voyait apparaître tous les jours de nouveau/elles concurrent.e.s. Il paraît que le “Zéro Déchet is the new chic”. Conneries.

[NLDR : ortie continue toujours ceci dit, faut bien vivre.]

 

Je me noie encore. J’ai voulu écrire pour te dire que j’arrête. Je ferme le val. Il n’a même pas eu le temps de naître, mais je ferme tout. Que tu l’ait aimé ou pas, ignoré ou non.

Je ne sais pas si je fais ce que je fais car j’aime le faire ou parce que j’aime l’idée que ça pourrait créer comme émotion chez l’autre.

Je ne sais plus, je suis pas mal fatiguée d’essayer d’exister parmi tout ça. Je suis une impatience de la fin parce que je ne trouve pas, jamais, ma putain de place.

 

J’ai pas de solutions. Je ne suis pas magicienne, j’essaie d’être moi et en fait, merde, c’est ultra dur de savoir ce que c’est d’être soi.

 

Car c’est quoi ma voix, sinon celle d’un long silence, d’un son dans le néant des choses que je fais.

 

On ne me trouve pas, on ne me voit pas, ça me fatigue.

Alors, sincèrement, du plus profond de moi, stop.

Je ne suis pas autrice, ni graphiste, ni sorcière, ni féministe, ni grosse et poilue, ni même streameuse de sims.

 

Je ne veux pas de réponses à cette newsletter pourrie, parce qu’en vrai je ne suis même pas certaine de l’écrire pour moi, pour toi. Et pas très envie qu’on vienne me donner des conseils que je ne sollicite pas. Qu’on me dise “mais nooon, t’es super”. Je sais pas, je dois apprendre des trucs de l’anonymat dans cette vie peut-être. Ne viens pas me dire que c’est le destin, la “dette karmique”, la conjoncture de mon saturne dans ma carte du ciel ou encore mon mindset. J’ai tout entendu.

 

Je suis fatiguée que mon cerveau attende quoi que ce soit du monde extérieur car ça n’arrive jamais. Y’a pas de morales, de leçon à ces mots, c’était pour terminer cette histoire c’est tout.

 

Un jour je me suis demandé ce que ça ferait de disparaître des réseaux, d’arrêter de voir le succès, la gloire, la réussite, l’attention de celleux que je vois.

Mais j’y arrive pas. 

Fin.